ENSEIGNEMENT SUPERIEUR.
Déjà trois jours de grève, une tension qui dégénère en affrontement physique.
LE TABLEAU S'ASSOMBRIT A L'ENSA.
Réclamant la démisssion du directeur,
les étudiants de l'ENSA bloquent l'établissement,
soutenus par la majorité des enseignants.Le DRAC cherche une issue -------------------------------------------------------------
La vidéo, tournée dans la matinée sur un appareil photo numérique tourne en boucle sur l'écran plasma, dans le hall de l'établissement. On y voit un face à face qui tourne subitement à l'accrochage physique. Un enseignant* ceinture une élève et la jette à terre. Un second enseignant intervient alors pour calmer son collègue. ça ne dure que quelques secondes. Mais suffisamment pour que le directeur régionales des affaires culturelles, François Erlenbach, ait décidé d'écourter ses vacances. Très calme, il regarde la vidéo, sans doute un peu abasourdi, parle de comportement "inadmissible", puis va à la rencontre des étudiants. Il s'agit désormais de trouver une issue à une crise qui dure depuis des mois** mais qui s'aggrave ces derniers jours et a pris, dans la matinée, une tournure inquiétante.
TROIS PLAINTES Une autre discussion plutôt ferme a oppose des élèves à un enseignant, qui a été pris d'un malaise et a dû être transporté à l'hôpital par les pompiers. Au total, trois plaintes ont étéé déposées au commissariat, une par le directeur Olivier Lerch, deux par des élèves -celle qui a été jetée à terre et une seconde, qui affirme avoir été brutalisée par le directeur.
"Plus personne ne veut travailler avec M. Lerch, explique Amélie Clavier, l'une des porte-parole des étudiants. Tout le monde, y compris sa hiérarchie, est au courant de son incapacité à gérer l'Ecole, mais rien ne se passe et il ne veut pas démissionner, il se croit investi d'une sorte de mission par le ministère...".
"Le problème dans cette école, estime Geneviève Beaudou, enseignantes de sciences humaines, c'est que, du fait d'un climat de conflit permanent, il ne peut y avoir de concentration sur le travail. Les étudiants, l'école, les enseignants: tout le monde est perdant !".
"UNE MULE AVEC DES OEILLERES" Les enseignants, grévistes jeudi dernier (41%, un pourcentage jamais atteint dans une école d'art en France), demandent eux aussi la démission d'Olivier Lerch, contesté depuis trois ans (lire ci-dessous) et qui, selon les élèves et les personnels, refuse tout dialogue. "C'est une mule avec des oeillères !", assène cet étudiant, écoeuré par la tournure des évènements.
Olivier Lerch, retranché toute la journée dans un isolement quasi total, le mobile collé à l'oreille, a refusé de nous répondre, invoquant un "droit de réserve". Quand nous l'avions rencontré, il y a quelques mois, au début du conflit, il expliquait ceci: "les étudiants raisonnent à leur propre échelle, mais le positionnement de l'école à long terme les dépassent".***
De toute évidence, a minima, il n'a pas su les convaincre du bienfait de "sa" réforme... Alors que les étudiants ont obtenu le soutien d'Alain Rodet, député maire de Limoges et du conseil régional, le DRAC a proposé une médiation mais n'a pas évoqué le possible départ d'Olivier Lerch. Les étudiants ont donc décidé de ne pas lâcher prise et d'occuper l'école toute la nuit. article de Stéphane Marmain